Venez ici ajouter vos témoignages sur ce que vous avez vécu au travers de la session R&O
Ma peur de l’eau débuta vers l’âge de douze ans.
Jeme souviens, à l’époque, j’apprenais à nager et le maître-nageur lorsd’une séance ne me repêcha pas tout de suite, me laissant largement letemps de couler un peu et de boire la tasse. Dès lors la peur de cetélément s’inscrivit en moi et mettre la tête sous l’eau me devintimpossible.
Début juillet, alors que nousétions chez des frères de la communauté, je fis l’expérience de vaincrecette peur. Accompagnée par Bruno, je fis la découverte de ce mondeétrange fait de sons et de mouvements. Sa présencerassurante m’entraîna en toute confiance dans des sensations nouvelles.Et, alors que je me laissais aller à glisser doucement sous l’eau, unpan de ma mémoire se déchira : cette peur ne venait pas tant de « l’accident » d’apprentissage mais du décès de mon père survenu à la même époque.
Tout revenait à la surface….de ma mémoire !
Jesuis ressortie de l’eau assez épuisée et Paul convaincu des bienfaitsde cette expérience m’inscrivit à la session R&O afin de poursuivrece chemin.
Je suis partie, obéissante. Trois jours la tête dans l’eau, que pouvait-il m’arriver de pire ?
L’accueilde Richard me confirma cette décision prise pour moi. Ma confiance enlui, totale, son calme, sa joie me détendirent très vite. Je fis laconnaissance de Jean-Noël. L’après-midi, dans l’eau, jerevécus le même « voyage » qu’en juillet. Mais, je découvrais, ici, larelaxation : une manière de lâcher prise, de se détendre, toujours encontact avec l’autre. Tenue par la tête, le corps flotte, ondoie, sansjamais couler. La respiration est plus lente, un repos intérieur sefait. Ce temps me fut plus doux, je sortais de l’eau fatiguée mais pluspaisible. Le soir, je pus y retourner et ……prendre un peu de plaisir !Sans toutefois mettre la tête sous l’eau !
Lesexercices de respiration pratiqués tous les jours m’ont permis deréordonner mon souffle, de le sentir plus large, plus grand, de sentirmon corps s’ouvrir. Je suis descendue plus profondément en moi, etpetit à petit j’ai repris confiance.
De plus,à cette session, nous avions la chance d’avoir un frère de lacommunauté qui proposait des exercices de l’Ecole du Dos : assis sur unballon, en rythme, on travaille l’ancrage du corps. Ces séances m’ontaidée à reprendre confiance.
Les deux jours qui suivirent furent éprouvants nerveusement. J’étais tendue et je sentais une douleur intérieure.
Sousl’eau les sons ne sont pas les mêmes. Je découvrais que souffler mepermettait de descendre, mais ma peur me tétanisait et surtout unepanique plus grande m’angoissait : je revivais la mort de Flora, mapetite fille. Les battements de cœur, rythmés par Jean-Noël sous l’eau,contre moi, au début me faisait hurler, puis petit à petitm’apaisèrent. J’ouvris les yeux, je soufflais plus régulièrement etenfin pus évoluer avec moins de peur. Cette séance fut déterminante, etle soir à la veillée de louange, je libérais un cri depuis longtempsretenu.
Le lendemain, Richard proposa derevivre notre propre naissance. Il expliqua le geste technique à fairesous l’eau. C’était proposé en tout liberté, sans pression. Carl’important ce n’est pas d’y arriver mais de passer à travers nospeurs. Nous étions libres de nous jeter à l’eau ou non. Le combat futrude. Mais je n’étais pas seule, guidée par la présence de Dieu en moi,je plongeais… en eau profonde !
Commentdécrire cette joie, ce cri de naissance, cette libération, cet acte defoi ? Ce jour là, plusieurs peurs se sont envolées !
Jeremercie Richard, Danièle, Jean-Noël pour leur accueil, leur simplicitéet l’amour qu’ils portent aux autres. Les repas, les goûters, partagésen famille ont permis de « vrais » échanges dans le groupe. Tous lessoirs, nous avions une veillée de prière. C’étaient des moments trèsforts.
Cette session m’a aussi apporté unejoie nouvelle, celle de partager des baignades avec mes enfants :nager, jouer, même plonger ! Une véritable révolution !!
Blandine T
Enaoût 2008, nous avons décidé d’organiser une session “R&O” cheznous, en Haute Savoie. Pour mieux appréhender cette session etconnaître les besoins (et le vécu) des retraitants, nous avons décidéavec Bruno, mon mari, de faire nous-mêmes une retraite “R&O” àValaurie, en Drôme Provencale, sans attente particulière si ce n’estvoir ce que veut dire “être au service ” durant quatre jours.
Jen’ai pas de problème avec l’eau : je sais nager, je peux descendre enapnée sous l’eau, je sais utiliser un masque et un tuba, je saisplonger, sauter, bref rien à signaler…. Le seul “petit” souci était queje ne pouvais faire de la plongée sous-marine avec bouteilles. J’aipassé mon niveau “1” il y a dix huit ans, et depuis, dès que j’essaiede plonger, je panique, j’hyper ventile (c'est-à-dire que je respiretrès vite et superficiellement, donc, rapidement je m’asphyxie).J’angoissais : impossible de descendre à plus de trois mètres. J’avaisrenoncé à cette activité en me disant que ce n’était pas pour moi etque la vie pouvait être vécue sans cela….
La session se déroulepaisiblement. Une fin d’après midi, alors que Richard commençait àrecouvrir la piscine (un fort mistral refroidissait l’eau), par espritde fanfaronnade (eh oui, l’Esprit prend quelques fois ces formes….), jelui demande de laisser le volet roulant à moitié fermé pour que jepuisse traverser la piscine en partie en dessous. Techniquement, aucunproblème : une partie était à l’air libre et il restait environ six ousept mètres à faire sous l’eau, sous le volet. Je ne suis pas unespécialiste de l’apnée, mais cela ne posait aucun problème. Je m’étaisassurée qu’une fois arrivée au bout de la piscine, je pouvais sortir latête pour respirer.
Donc, je me lance et traverse vaillamment,sans difficulté. Une fois arrivée au bout j’émerge et reprend monsouffle, mais il fallait que je refasse le chemin en sens inverse.C’est alors que je suis prise de panique : impossible de repartir. Dèsque je m’immerge, je suffoque. Je suis persuadée que je ne pourrai pasrefaire le parcours. Je dis aux autres personnes : “c’est impossible,je vais mourir”. Je sens réellement que je vais mourir, même si monintelligence me dit que cela ne peut arriver, mon corps, ma chair medisent que je vais mourir. J’essaie de les convaincre de me laissersortir (après tout, j’ai rempli le contrat initial….), mais, non, del’avis général, il faut que je retourne. J’essaie plusieurs foispendant près de cinq minutes : échec à chaque fois, l’angoisse mesubmerge en même temps que l’eau, ma respiration s’arrête, bref, leblocage total. On m’explique qu’il suffit qu’une fois la tête sousl’eau, je donne un coup de pied contre la paroi de la piscine pour mepropulser, et le parcours sera à moitié fait (tout cela, je le sais,mais j’ai trop peur : je vais de toute façon mourir). Pour me rassurer,Richard me propose de m’accompagner. Après quelques minutesd’hésitation, je me lance et….. je traverse sans problème. Dès quej’arrive de l’autre côté, à l’air libre, ma première phrase est : “jene suis pas morte ! ”. Tout cela peut paraître illogique, irrationnel,mais c’est le vécu de ma chair. Puis, un grand cri sort de mon corps,cri de libération (je ne sais pas encore de quoi), libération de monangoisse, c’est ce que je crois.
On me demande si j’ai eu des “images”, des “mots”, enfin quelque chose qui m’aurait éclairé : rien.
Toute retournée mais contente de mon exploit, je vais me sécher et à ce moment, me revient un souvenir.
Lorsquej’avais deux ans, j’ai fait une bronchite asthmatiforme (aujourd’hui,on dit plutôt bronchiolite). Cela se passait en Algérie, les moyens etles méthodes n’étaient pas ceux d’aujourd’hui. J’ai dû êtrehospitalisée (j’ai quelques souvenirs de ces moments douloureux, commedes flashs). J’ai été séparée de ma mère car, à l’époque, on nepermettait pas que les parents restent avec les enfants et on étaitpersuadé que la souffrance des enfants n’existait pas. Ma mère n’a paseu le droit de me rendre visite pendant deux jours. D’après ce qu’ellem’a raconté, j’étais très mal, en grande détresse respiratoire. J’aiété mise sous tente à oxygène.
A ce souvenir, très vite, j’ai faitla corrélation avec ce que je venais de vivre : la tente à oxygène merecouvrait comme le volet de la piscine, ou comme la surface de l’eau.J’étais en détresse respiratoire, je cherchais l’air et luttais pourpouvoir vivre et étais séparée de ma mère, dans un sentiment d’abandon.Mon corps a revécu ce qu’il a enduré près de cinquante ans plus tôtdans la souffrance de sa chair et de son âme.
Bruno, mon mari, m’a dit que cela expliquait certainement mes angoisses en plongée... Peut être…
Ala fin de la session, nous sommes partis en vacances, et comme tous lesans, plonger (enfin mon mari !). Bruno me demande d’essayer encore unedernière fois de l’accompagner, persuadé que ce que j’avais vécu avaitdénoué des choses. Je lui fais confiance, et hop, à l’eau avec toutl’attirail. La plongée se déroule sans problème majeur (petite plongéeà huit mètres). A la remontée, nous nous arrêtons à environ troismètres de profondeur pour vérifier s’il n’y a rien qui gêne notreascension finale et là, à nouveau en voyant la surface, je commence àrespirer très vite, à m’essouffler, à m’angoisser. Je fais le lienentre la tente à oxygène et ce “rideau d’eau”. Je m’efforce de mecalmer et tout redevient normal.
Depuis, j’ai pu plonger de plus en plus profond, sans aucune angoisse.
Dernièrement,nous sommes allés plonger en Mer Rouge. Je me suis retrouvée très viteà moins vingt huit mètres sans aucun souci. J’ai pu profiter au maximumde ce que je voyais, libérée de la respiration et de l’angoisse. Nousavons eu la visite inopinée de requins, et malgré la peur de l’animal,je n’ai pas eu d’angoisse, ma respiration n’a à aucun moment étéaltérée ou perturbée.
Pour conclure, je suis persuadée que j’aireçu une vraie guérison lors de cette session “R&O”. Guérison dansma chair des peurs, des angoisses dues à la séparation d’avec ma mèreet à la détresse respiratoire. Guérison de blessures dont je n’avaispas conscience, mais que le Père, dans sa grande bonté, a bien voulupour moi (alors que cela n’était pas vital). Blessures et guérisonqu’Il a accepté de me dévoiler. Guérison dans le simple but d’êtretoujours plus libre. Guérison qui me fait prendre conscience combiennous sommes importants pour notre Père du Ciel, combien notre bonheuret les moindres détails de notre vie (et de notre vécu) ne sont pas desdétails pour Lui. Je ne suis pas quelqu’un parmi tant d’autres, jeSUIS et j’ai de l’importance dans son Cœur. Merci Seigneur.
Christine P
Dernière modification : 11/12/2009