« Car mon fils que voilà était mort et il est revenu à la Vie, il était perdu et il est retrouvé. » (Luc 16 24)
Une enfance entourée de mères....
![]() |
A 9 mois ma mère, par obligations professionnelles, m’a confié à ma tante pendant une année.
Je fus entouré alors d’un double amour maternel avec comme conséquence un double abandon : celui de ma mère et celui de ma tante lorsque je retrouvais ma mère...
Je n’ai compris que bien plus tard à quel point cet évènement a influencé et construit ma vie.
Je fus entouré de tant d’amour pendant cette enfance mais en même temps secrètement et profondément blessé.
Adolescence tumultueuse
Je me rappelle de cette période comme un temps de contradiction et de tension quelquefois insoutenable :
Mariage et illusions perdues...
A 18 ans je me suis fiançé à Christine, amie d’enfance, à 19 ans nous nous sommes mariés avec pour moi un engagement réel et sincère devant Dieu.
Je quittais mes études et par là mon adolescence, rentrais dans la vie active mais aussi dans un profond oubli de Celui qui m’avait si fidèlement et secrètement accompagné. La période de dix ans qui suivit peut se résumer en quelques mots : - Certitude, orgueil, égoïsme, avidité, pouvoir et puissance, violence et possession.
Je peux voir aujourd’hui à quel point, lorsque nous sommes « acteurs » de cette vie, nous pouvons faire illusion : paraître un homme de réussite, aimable, équilibré et être intérieurement dévoré par nos faiblesses.
Et puis, « en haut de l’affiche » ce qui devait arriver arriva : une crise grave dans le couple, suivie d’un échec professionnel, va me rappeler cette souffrance, cette peur d’être abandonné et de ne plus être reconnu.
Nous nous sommes réconciliés, mais les blessures restaient à vifs et une profonde tristesse s’était imperceptiblement et irrémédiablement insinuée dans notre famille. Quels étaient le sens et l’espérance de ma vie ? Cadre moyen, mariage poids moyen, nombre d’enfants moyen (Elodie et Aurore à cette époque)... La vision de mon avenir était plutôt sans couleur.
Une nouvelle rencontre
Vers la trentaine j’étais directeur d’une entreprise et nous étions conseillés par un personnage atypique, chrétien, croix au cou et sandales aux pieds. Nous aimions partager lors des repas pris ensemble son témoignage de conversion. J’étais troublé par cette conviction et cette espérance qui semblait l’habiter.
Un jour il m’annonce sa dernière visite car il se sent appelé à partir avec son épouse en mission en Côte d’Ivoire. Dans son dernier témoignage il m’invite à rencontrer ceux qui lui ont permis de faire ce chemin : la Communauté des Apôtres de la Paix. Je décide, pour voir et comprendre, de me rendre à une retraite sans mon épouse qui refuse l’obstacle.
Ambiance insolite, un groupe de musiciens anime cette session, mains levées vers le ciel pour implorer et louer Dieu. Je me sens désemparé, pas à ma place et particulièrement étranger à cet amour dont ils semblent se nourrir. Après une heure de présence je décide fermement de m’éclipser.
En me levant et en m’apprêtant à faire demi-tour je sens une vague d’émotion m’envahir, une main invisible me prendre l’épaule... Je me retrouve à genoux en sanglots... Et cette voix qui ne cesse de me répéter : « Je suis Jésus, le Fils de DIEU et je t’aime. »
Je fus envahi d’un indicible sentiment d’avoir enfin trouvé la réponse, le lieu, et la Personne en qui je pouvais me reposer et vivre en toute confiance. Outre la certitude de sa Présence et de son Amour inconditionnel, Jésus m’a apporté une réelle guérison : le pardon.
En me regardant, sans accusation, sans jugement, sans reproche de mon infidélité, Il m’a permis de me regarder sans concession et en toute vérité. Il m’a ouvert le chemin d’une nouvelle fécondité, Il m’a permis de détourner mon regard de moi-même pour le tourner vers l’autre afin d’admirer ce qu’il a de plus beau.
Cette rencontre ou plutôt ces retrouvailles ont été un tournant, une véritable renaissance. Je suis toujours avec Christine (bientôt 30 années de mariage) qui a suivi le même chemin, nous avons deux enfants de plus (Pierre et Ségolène) fruits de notre conversion.
Chaque jour je remercie ce Dieu, Père qui aime chaque enfant de manière unique, chaque jour je remercie ce Jésus, Ami fidèle qui m’a relevé, chaque jour je loue cet Esprit de vie.
Bruno Petit
"Ô Seigneur, notre Dieu, qu’il est puissant ton Nom par toute la terre !" (Ps 8) |
Éditorial
Chargement : 52 ms
Actualité
Chargement : 98 ms