Communauté des Apôtres de la Paix

 
 
 
 
 
 

Comment tout commence

Comment tout commence


"Mais quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous introduira dans la vérité tout entière."

(Jn 16, 13a)



1989


Myriam Michalet

1989 : Gilles et moi avons perdu notre petit garçon, Jean, à sept mois de grossesse. Après une vie décousue, ce drame allait m’ouvrir à la vie...


Moi qui croyais à l’époque commencer quelque chose d’heureux. J’attendais un bébé, mon bébé... Enfin quelque chose de merveilleux qui me ferait peut-être exister.


Le 3 mai, j’accouchai d’un bébé mort in utero. L’accouchement fut très difficile : j’accouchais seule, mal entourée par le service hospitalier, brisée par leur façon d’être, de me parler, de me toucher.


J’avais l’impression que c’était la continuité de mon existence d’alors : détresse, colère, violence, mort. Tel était mon état intérieur. Je suis rentrée à la maison avec un grand vide. Il fallait que quelque chose se passe. J’ai levé la tête et crié ma colère vers Dieu : "Pourquoi moi ? Existes-tu vraiment ? Si tu existes montre-le moi."


J’ai récité un chapelet et au cours de cette prière, j’ai demandé à Dieu un autre enfant en échange de quoi je lui promis de me marier... La détresse psychologique dans laquelle je me trouvais alors rendait cette idée difficilement concevable.


Tu m'as promis le mariage


Marine est née le 3 août 1990 et j’ai oublié le Seigneur pendant quelques mois. Un jour, une voix intérieure me rappela : "Tu m’as promis le mariage". Alors, par superstition plus qu’autre chose, j’ai demandé Gilles en mariage.


Son oui m’a paru un vrai miracle, connaissant nos convictions en la matière. Oui, ce jour-là j’ai vraiment su que Dieu existait et que quelque chose était en train de bouleverser ma vie.


Notre mariage est prévu pour le 28 décembre 1991. Je réalise à ce moment là que Gilles et moi vivons dans le péché et lui demande de pouvoir vivre dans la chasteté jusqu’au jour fixé.


Ce ne fut pas sans difficulté, mais la main de Dieu était sur nous et une forte ténacité m’habitait : Il fallait que j’aille jusqu’au bout sans vraiment tout comprendre.


Trois mois de "galère" et nous nous marions. Je commence un chemin de prière, seule, et fais une neuvaine à l’ Esprit Saint (je ne savais pas trop ce qu’était l’Esprit Saint, mais sentais qu’il fallait que je la fasse.)


A la fin de cette neuvaine, je me suis retrouvée dans la Communauté des Apôtres de la Paix pour vivre une heure d’adoration. Que pouvait être cette "chose-là" ? Bizarre... Tant pis, j’y vais, je me sens poussée, je ferai comme tout le monde.



Recevoir l’Esprit Saint !

Agenouillée devant une sorte de soleil à attendre que l’heure passe. Une heure qui me parut une demi-journée. Habillée tout en noir dans un blouson de moto qui craquait au moindre mouvement, je n’osais pas bouger, je transpirais et attendais sans rien comprendre. C’est vrai que je n’avais aucune explication. Mais que faisais-je donc dans cette galère ?


A la fin de cette heure d’adoration, quelques frères me demandent si je désire quelque chose et moi, je réponds : "Recevoir l’Esprit Saint ! " En même temps que je parlais, je me demandais ce que j’étais en train de dire...


Il était trop tard pour reculer, ils posèrent les mains sur moi et prièrent. Je fondis en larmes et compris à ce moment-là que je serais fidèle à Dieu dans la prière et le servirais au sein de cette communauté (mai 1993).


Je commençai une autre vie : rosaire, jeûne, confession mensuelle, nuits de prière... Mais, autre "galère", je n’étais pas sur la même longueur d’onde que mon mari ! Jésus me poussait de plus en plus, j’avais soif, tellement soif !


Je voulais rattraper le retard et plus j’avançais, plus Gilles levait les bras au ciel en criant sa souffrance. Cela devenait invivable et, pourtant, je continuais sans comprendre. La seule chose dont j’étais sûre, c’était que le Seigneur nous avait unis par le sacrement de mariage ; je m’appuyais sur Lui.


Cadeau d’anniversaire

L’Esprit Saint me souffla enfin de demander en cadeau d’anniversaire un week-end au sanctuaire de Notre-Dame du Laus avec la Communauté. Gilles me fit languir durant plusieurs mois : "Oui j’irai, non j’irai pas", ou bien "J’irai avec mes boules de pétanque et mon VTT, je n’assisterai pas à vos bondieuseries."


Juin 1994. Nous voilà au Laus. "Moment tant attendu" me disait Gilles ironiquement. Il n’assiste à rien. Je vais le chercher dans la chambre pour déjeuner, et je le trouve écroulé sur le lit, en larmes. Je comprends tout de suite : Marie a touché son coeur sur le chemin tandis qu’il se promenait...


Quelques semaines plus tard, nous pouvions prier ensemble.


C’était une vraie conversion.

NB : Au Laus, la Vierge Marie est apparue à Benoîte Rencurel en mai 1664. Celle-ci est décédée un 28 décembre, jour anniversaire de notre mariage. Merci, Benoîte, pour ton intercession.


Myriam Michalet


"Ne crains pas, car je t’ai racheté, je t’ai appelé par ton nom : tu es à moi. Si tu traverses les eaux je serai avec toi... Si tu passes par le feu, tu ne souffriras pas... Car tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t’aime." (Isaïe 43, 1-4)




 
Dernière modification : 30/07/2009
 
 


 
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