Sa mère dit aux servants : "Tout ce qu’il vous dira, faites-le." (Jn 2, 5)
Esothérisme
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Depuis toujours, j’ai été séduit par ce qui ne se voit pas, par ce que l’on sent, par ce que l’on ressent et par les intuitions du coeur.
Ayant choisi, parce que cela me semblait plus facile, de suivre les chemins de l’ésotérisme, en apprenant à tirer les tarots, en cherchant à comprendre les lignes de la main, en faisant de l’astrologie, je découvrais un nouveau monde d’une grande richesse sans me poser la question du bien ou du mal : vu que je le ressentais dans mon corps, cela ne pouvait être que bien !
Puis, après avoir acheté un cabinet de rééducation (je suis kinésithérapeute) et une maison soit disant « de mes rêves », j’ai sombré dans une profonde déprime.
J’avais tout ce dont je croyais avoir besoin pour vivre : une compagne, une maison, un travail qui me plaisait...
Quelques légères difficultés financières ont fragilisé un peu mon bonheur et puis, surtout, j’ai commencé à douter de ce à quoi je croyais : j’étais en manque de quelque chose !
Pèlerinage
J’ai soigné alors une patiente avec qui j’ai beaucoup parlé de mes croyances (à l’époque je bassinais tout le monde avec cela) et, à la fin de son traitement, elle m’a fait cadeau d’un livre : « Le message de Notre Dame miraculeuse des roses à San Damiano ».
Il est resté pendant un mois au fond de ma sacoche de travail et puis, la curiosité aidant, j’ai commencé à le lire. Le côté surnaturel m’a séduit et m’a donné envie d’aller prier au pied de cette « Notre Dame miraculeuse. »
Me voici donc parti en pèlerinage avec Fabienne, ma compagne : Départ en car le samedi soir à 20h30 et, tout de suite, prière du rosaire. (je ne me souvenais ni du Pater ni de l’Ave Maria !) Je trouve le sommeil vers 1h00 du matin, bercé par les bruits de sacs en plastique, et nous arrivons vers 5h00. Sans plus attendre, dans un froid de canard, nous nous retrouvons au petit jardin des apparitions et commençons un rosaire en latin « à l’italienne », c’est-à-dire à une cadence impressionnante.
J’ai sauté la messe de 6h30 et suis resté quasiment seul dans le jardin, face à Marie. Messe à 8h30 (après le p’tit dej’) : je commence à me sentir bien avec les gens qui m’entourent, les chants... A 10h00, chemin de Croix, puis encore un rosaire en latin et la bénédiction promise par Marie le premier week-end du mois.
Avant de repartir je suis retourné au petit jardin avec Fabienne pour remercier la Sainte Vierge. J’ai pleuré beaucoup et très fort, des larmes qui faisaient mal en sortant, mais des larmes libératrices. Dans le car je me sentais léger.
Quelqu’un nous avait distribué des mouchoirs et des pétales de roses bénis par Marie. Je souffrais alors des épaules, surtout en fin de journée, et à cet instant j’avais assez mal. J’ai lancé à ma voisine de bus, un peu comme une boutade : « Tu vas voir ! Je vais poser ce mouchoir et ces pétales sur mes épaules et je n’aurai plus mal ! » A l’application du mouchoir et des pétales sur l’épaule droite la douleur me quitta instantanément ...
Même chose pour l’épaule gauche ! Je gardais un silence stupéfait : Marie venait de poser ses mains sur moi et je me sentais en grande sécurité, dans la paix que procure l’assurance d’être aimé par Dieu. Je me reposais enfin de toutes mes recherches ésotériques.
Après ce pèlerinage, il me suffisait de me reposer dans ces bras si doux que je savais être ceux de Marie pour expérimenter cette paix, ce bonheur. J’osais appeler cette sensation l’Amour et je brûlais de le transmettre.
Dès lors ma vie s’est orientée différemment. Il me fallait répondre à cet amour, à ce Dieu qui me chérissait tant. Fabienne et moi avons décidé de faire une neuvaine à Notre Dame des roses. Pendant neuf mois consécutifs nous l’avons visitée en demandant par elle à Jésus : « Seigneur, je suis ton serviteur ; qu’attends-tu de moi et où veux-tu que je sois ? »
Pendant ces neuf mois, trois fruits importants : nous nous sommes mariés, je me suis réconcilié avec mes parents et, à la fin du neuvième pèlerinage, nous avons été invités à prier dans une famille de la Communauté des Apôtres de la Paix. Nous sommes allés chaque semaine à ce groupe de prière et chaque premier vendredi de mois à la nuit de prière que la Communauté organisait.
En priant avec eux, j’ai rapidement retrouvé les sensations du premier jour de ma rencontre avec Dieu. J’étais joyeux, je chantais, je dansais (comme un monolithe mais je dansais quand même !), j’éprouvais un réel bien-être.
J’ai aimé tout de suite la simplicité de la prière communautaire : rythmée par des chants simples et profonds, par des partages entre nous comme je n’en avais jamais connu auparavant avec quiconque.
J’ai pu enfin rencontrer des personnes osant me dire, avec l’amour dont elles étaient capables, que ma façon de vivre ne m’aidait pas à rejoindre l’amour que j’avais reçu.
Cela m’a conduit à prendre des positions et à faire des choix dans ma vie de tous les jours : cesser toute pratique ésotérique et venir chercher la tendresse de Dieu dans les sacrements de l’Eglise, la messe, la réconciliation, le jeûne et l’adoration.
Cela fait treize ans aujourd’hui, que je suis membre de la Communauté des Apôtres de la Paix. Peu à peu j’ai appris à me défaire de tout ce qui, dans mes paroles, dans mes actes, dans mes pensées, dans mes rencontres, dans mon travail, m’éloigne de l’amour de Dieu.
M’engager à faire partie de cette Communauté, c’est vivre plusieurs retraites par an où j’approfondis des questions importantes comme la vie de couple, élever un enfant, témoigner de l’amour de Dieu dans mon travail...
C’est aussi, deux à trois fois par mois, des temps de prière, de louange avec mes frères durant lesquels nous partageons aussi notre expérience, notre quotidien ... Il est bon de pouvoir se retrouver, se soutenir, se consoler parfois et, ensemble, laisser l’Esprit Saint éclairer nos vies.
Exister tel que je suis
Je commence à accueillir les hommes et les femmes que je rencontre, ceux et celles avec qui je vis, tels qu’ils sont et non tels que j’aimerais qu’ils soient. C’est une démarche difficile pour moi mais qui rend tellement plus heureux.
J’apprends à ne pas tant vouloir être aimé, mais plutôt à aimer. Je recherche moins des techniques de bien-être, mais j’apprends à écouter...
Depuis quelques mois, suite à une retraite de guérison intérieure, j’approfondis encore ma relation avec le Christ Jésus.
Outre les divers soins qu’il m’a prodigués durant cette retraite, il m’a fait la grâce de désirer le rencontrer plus souvent dans l’Eucharistie.
Tout au long de mes journées je sens sa proximité quand je parle, écoute ou travaille. Il me bouscule et me fait sortir de mes fonctionnements habituels pour que j’entre dans la vraie vie.
Jésus est la source, l’Esprit Saint est un fleuve d’eau vive... L’amour se donne, ni par puissance ni par force.
Si parfois je me sens brisé je ne crains plus d’être englouti. De ma blessure jaillit un cri : « Jésus, Fils de Dieu, sauve-moi ! » Par Marie j’ai rencontré le Dieu vivant qui me donne l’espérance au milieu du monde. J’ai découvert l’amour tendre d’un Père dont le regard me permet d’exister tel que je suis.
François Saint-Maurice
"Mon âme exalte le Seigneur, et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon sauveur..." (Lc 1, 46) |
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